[FR] Explications de la fin de BioShock Infinite

Cet article est à ne lire que si vous avez terminé totalement BioShock Infinite. En effet il explique en détails l’histoire et en particulier la fin du jeu et pourrait ainsi gâcher votre expérience, ce qui serait bien dommage étant donné la puissance scénaristique du bijou d’Irrationnal Games. Vous voilà prévenu !

L’article ci-présent est destiné à expliquer en détails l’histoire et surtout la fin de BioShock Infinite qui peut facilement en perdre certains. Pour ce faire, il faut reprendre depuis le début.
Le joueur incarne Booker Dewitt, qui se retrouve à Columbia, une cité dans les nuages, pour retrouver Elizabeth. Sa mission est de la ramener à New-York pour effacer ses dettes. On lui apprend qu’elle est enfermée à Monument Island, une énorme statue d’ange. Il commence son exploration de Columbia et reçoit un télégramme mystérieux lui indiquant de ne surtout pas tirer le numéro 77. Plus loin, une affiche montre une main de diable marqué d’un AD avec l’inscription « Attention au Faux Berger ». Or on peut voir un AD gravé sur la main droite de Booker (les initiales d’Anna Dewitt probablement laissées par Comstock pour le reconnaître). Quelques minutes plus tard, il tire le numéro 77 à la tombola de la ville et les forces de police lui tombent dessus, lui annonçant qu’il est le Faux Berger. Ces détails sont à retenir et quelques explications sur le pouvoir de failles d’Elizabeth s’imposent.

La capacité qu’a Elizabeth à ouvrir des failles vers d’autres réalités n’est pas un don. Ce sont les jumeaux Lutece, physiciens de génie, qui lui ont donné. Au départ, seule une machine permettait d’ouvrir des failles mais ils ont réussi à transmettre ce pouvoir à Elizabeth. Grâce à cela, Elizabeth peut amener des objets d’une autre dimension à celle dans laquelle elle se trouve, voire y entrer, ce qu’elle fait plusieurs fois au cours de l’aventure. Elle amène ainsi Booker avec elle dans d’autres dimensions dans laquelle par exemple, il n’y a aucun outil à l’armurerie. Cette idée de différentes dimensions est très importante et est même l’élément clé de l’intrigue.

Après ses premiers pas difficiles à Columbia, Booker va chercher Elizabeth et ils tentent de s’enfuir. Mais au dernier moment le Songbird (contrôlé grâce à une flute et des mélodies précises) surgit et emmène Elizabeth avec lui. Booker part à sa poursuite et en allant la chercher, il entend par le biais de micro-failles qu’elle est torturée et subit un lavage de cerveau pour devenir ce que veut le prophète de la cité Comstock, sa successeur. Les Voxophones permettent d’ailleurs de suivre son évolution pour finalement l’entendre prêcher la bonne parole et maudire la Sodome inférieure. En traversant une nouvelle faille, Booker va découvrir le résultat de cette nouvelle Elizabeth. Bien des années plus tard, il la trouve vieille et contemplant New-York en flammes. L’Agneau a voulu purifier la Sodome inférieure. Elle lui dit qu’il peut arranger tout cela et lui tend un papier à donner à la jeune Elizabeth. Elle le renvoie alors dans la réalité où Elizabeth est encore en train d’être torturée. Booker la sauve et lui donne le papier sur laquelle est inscrit la chanson pour contrôler le Songbird.

Ils vont alors chercher Comstock. Ce dernier leur fait alors comprendre que Booker sait pourquoi Elizabeth a son petit doigt coupé. Mais ce dernier dit ne rien savoir et le tue. Ils prennent alors le contrôle du Zeppelin de Comstock mais se font attaquer par les forces de la Vox Populi. Elizabeth comprend alors qu’elle peut contrôler le Songbird avec une flûte en jouant la mélodie donnée par son autre elle dans le futur. Elle va alors empêcher le Songbird de tuer Dewitt va le retouner contre leurs opposants.

Cela fait, ils font détruire le Syphon par le Songbird. Le Syphon est une énorme machine au pied de Monument Island qui empêche à Elizabeth  de quitter Columbia grâce aux failles. Libérée de cela elle ouvre une faille alors que le Songbird leur fonce dessus, la flûte ayant ayant échappé à Booker. Ils se retrouvent dans une autre réalité, à Rapture.

Enorme surprise, nous voilà revenu là où Jack marche en 1960 dans le premier BioShock ! Le Songbird est derrière la vitre et se noie, broyé par la pression de l’Océan Atlantique. Elizabeth conduit alors Booker vers la bathysphère du début de BioShock et ils remontent vers la surface jusqu’au phare. Ils entrent dedans et ressortent directement d’un phare entouré par des millions d’autres semblables. Et c’est ici que cela devient très intéressant et plus compliqué.

Chaque phare est en fait une porte vers une réalité. Toutes ces dimensions existent, elles sont justes différentes. Imaginons notre réalité A, dans laquelle vous lisez cet article. Il se peut que vous ayez tout compris à la fin de BioShock Infinite et qu’à la place de lire cet article, vous soyez plutôt en train d’en écrire une élogieuse critique. Cet événement se retrouverait alors dans une réalité B créée pour l’occasion. Les possibilités et donc réalités sont infinies. Si vous êtes en train de boire un thé, il peut exister une réalité dans laquelle vous buvez un café. Bref, je pense que cela est bien compris.

Nos deux protagonistes entrent alors dans un autre phare et arrivent dans une scène où Booker doit se faire baptiser pour effacer les pêchés qu’il a commis, c’est-à-dire tuer de très nombreux hommes durant la guerre. Mais au dernier moment il refuse le Baptême. Booker et Elizabeth vont alors dans un autre phare et arrivent dans l’appartement de Booker que l’on aperçoit à plusieurs reprises durant le jeu par le biais de flash-backs. Robert Lutece se tient devant la porte et on entend un bébé (Anna) pleurer dans la pièce à côté. Booker ne se souvient pas qu’il a une fille, mais il n’a pas d’autre choix que de la donner à Lutece qui lui dit alors que Comstock l’absout de ses pêchés.

Dans la scène suivante, on voit Booker tenter de reprendre Anna, emmenée par Comstock à travers une faille. Le Prophète l’emmène in extremis mais la faille se referme sur le petit doigt d’Anna, coupé net. On comprend alors qu’Anna est Elizabeth. Elizabeth est la fille de Booker.

Booker se rend alors compte que les jumeaux Lutece sont venus pour l’aider à retrouver sa fille à Columbia après avoir été trahis par Comstock (il essaye de les tuer mais échoue, ils parviennent au contraire à transcender les réalités). Par ailleurs, ils ne sont pas jumeaux mais bel et bien la même personne de réalités différentes. C’est pour cette raison qu’ils achèvent toujours leurs phrases, ils sont la même personne. Booker a réécrit ses souvenirs. Il devait ramener la fille pour effacer sa dette, c’est-à-dire au départ donner sa fille à Comstock pour régler ses dettes de jeu. Ce qu’il a transformé en ramener la fille de Columbia à New-York par ordre de Lutece. Renvoyé dans la dimension de Columbia par les Lutece, il recrée des souvenirs, un nouveau but qui est ramené Elizabeth/Anna de Columbia.

Pour éviter toute cette mésaventure, il comprend alors qu’il doit tuer Comstock dans son berceau pour que ce dernier n’enlève pas Anna. Mais cela est impossible.

Dans la dimension originelle, il refuse le Baptême et une autre réalité est alors créée dans laquelle il l’accepte. Dans celle du refus, il a un enfant, Anna. Mais dans celle où il l’accepte, il prend le nom de Zachary Comstock. Les deux Booker/Comstock font alors leur vie chacun de leur côté et une boucle sans fin va s’installer. Booker a un enfant qu’il appelle Anna et Comstock crée Columbia. Mais Booker va déprimer de la mort en couche de sa femme et va s’endetter. A Columbia, Comstock est stérile et il lui faut un enfant pour mener à bien la cité après lui. Il va alors prendre la fille de Booker pour gommer ses dettes, qui est aussi la sienne vu qu’ils sont la même personne, par une faille créée par la machine des Lutece. Durant 17 ans, Booker va déprimer d’avoir ainsi vendu sa fille. En attendant, elle grandit à Columbia sous le nom d’Elizabeth. Mais au bout de 17 ans, les Lutece vont regretter d’avoir ainsi fait subir un tel traitement à Elizabeth (et vont vouloir se venger de Comstock) et ils vont alors retourner dans la réalité de Booker pour lui ouvrir une faille vers la réalité de Columbia. Ils l’amènent alors 122 fois à Columbia pour qu’il sauve Elizabeth/Anna et la ramène à New-York, sans succès.

C’est lors du 123ème essai que vont se dérouler les évènements de BioShock Infinite. Car oui, 122 fois les Lutece vont ramener Booker à Columbia sans que celui-ci ne parvienne à s’échapper avec Elizabeth. Cela est confirmé par le fait que Booker joue à pile ou face au début du jeu est que la pièce tombe sur pile, une fois de plus, comme on peut voir sur le tableau tenu par Lutece où des dizaines et dizaines de pile sont cochés, sans aucun face. Une des réalités est d’ailleurs visitée. C’est celle dans laquelle Booker est un martyr de la Vox Populi. Dans cette dite réalité, il y a d’ailleurs deux Elizabeth pour un Booker. Le Booker que l’on incarne dans le jeu et la Elizabeth pour laquelle il vient, mais aussi celle que voulait sauver le Booker martyr de la Vox Populi, à condition qu’elle n’ait pas été tuée par Comstock. De plus, le nombre 122 est le code des cloches en haut du phare, qui change chaque fois que Booker revient dans cette réalité pour aller sauver Elizabeth. Voici un petit schéma pour aider à comprendre la situation.

Schéma de la fin de BioShock Infinite

Pour arrêter ce cercle infernal, Booker comprend donc qu’il doit tuer Comstock au berceau. Or il est Comstock. Il doit donc mourir au moment de sa transformation en Comstock, au moment du baptême. C’est ce qu’il fait. Avec lui disparait Comstock et donc Columbia car elle a été créée par lui, mais aussi Elizabeth car si pas de Comstock, pas d’enlèvement d’Anna et donc pas d’Elizabeth. Notre fidèle partenaire durant tout le jeu disparait donc à la fin. Cependant, elle reviendra sous une certaine forme, car après le générique, on voit Booker chez lui qui appelle Anna, revenue dans la pièce à côté. Anna va pouvoir grandir avec son père. Mais elle n’aura jamais de pouvoirs des failles.

Une question peut alors venir à l’esprit. S’il existe une infinité de réalités, n’y en a-t-il pas une dans laquelle Booker ne vend pas sa fille ? Non. Car à chaque fois la réalité de Booker est liée à celle de Comstock qui a désespérément besoin d’Anna/Elizabeth. S’il ne l’avait pas par cet achat, il la prendrait de force.

Cet article est terminé et j’espère qu’il apporte toutes les explications dont chacun a besoin. En cas d’oubli ou d’erreur, signalez-le-moi ! Et n’hésitez pas à poser des questions si certains points ne sont pas tout à fait clairs.